Fahrenheit 451 de FrançoisTruffaut : un film qui nous invite à repenser la place que nous accordons à la culture :

Le 15 septembre 1966 marque la date de sortie du cinquième film de François Truffaut, intitulé Fahrenheit 451. Le réalisateur transpose à l’écran le roman de science-fiction écrit treize ans plus tôt par Ray Bradbury.

Dans ce roman qui a inspiré le film de Truffaut, l’auteur place ses personnages dans un état dictatorial et futuriste, dans lequel le gouvernement décide d’interdire toute activité culturelle et artistique, considérée comme nuisible au bien-être individuel et à l’ordre social. Les réfractaires sont traqués, pourchassés et punis par des pompiers qui ne sont plus chargés d’éteindre les incendies mais les provoquent en  devenant des exécuteurs pyromanes de la censure. Ainsi, le titre du film, Fahrenheit 451, désigne la température à laquelle les livres s’auto- enflamment ce qui correspond à 232,78 degrés Celsius.

Dans ce monde purifié, un pompier nommé Montag ( joué par Oscar Werner) fait la rencontre de Clarisse qui l’interroge sur le bien-fondé de sa mission. Cette rencontre le trouble et l’invite à remettre en question ses croyances qu’il prenait pour des certitudes.

Suite à un second incendie de livres, dans lequel une femme décide de mourir en martyr avec ses livres, Montag brave l’interdit en lisant un livre récupéré lors de cette mission et s’engage alors dans une course effrénée vers la liberté. Cette quête de liberté dans un monde uniformisé est partagée par les hommes-livres qui se réunissent en clandestinité à l’égard de la société pour conserver les livres dans leur mémoire.

Un monde fictionnel qui nous met en garde contre un passé qui peut ressurgir :

Réalisé trente-trois ans après les autodafés nazis, le monde fictionnel décrit a d’inquiétantes ressemblances avec notre réalité. En effet, des 1953, Ray Bradbury fait un appel à la vigilance en disant que son livre fictionnel n’est pas « irréel » mais « une transcription de la réalité ».

Il décrit un monde dans lequel les livres sont interdits car ils détournent les esprits de la pensée unique et engagent les personnes qui lisent à réfléchir, à remettre en question la réalité qui les entoure.

Dans un dialogue entre Montag et son supérieur, ce dernier rend raison de ces autodafés en disant que «  les livres n’ont rien à nous dire » et qu’il rendent les gens malheureux. L’objectif du gouvernement est donc d’empêcher les citoyens de remettre en cause le gouvernement établi, en leur garantissant en contrepartie le bonheur. Brûler les livres, faire la chasse à la pensée, devient alors la garantie du bonheur pour tous. Les hommes-livres sont des intellectuels, symboles de résistance, qui luttent pour échapper à une illusion du bonheur qui leur est imposé par la société dans laquelle ils vivent. 

Certes le film a un peu vieilli, lorsqu’on le compare aux films de science-fiction actuels qui utilisent les effets spéciaux à la perfection, néanmoins  il nous alerte des dérives possibles d’un monde technologique qui conduit de plus en plus à une uniformisation de la société. Fahrenheit 451 est un magnifique éloge de la culture et dit l’urgence de lire dans un monde où la réflexion  est  de moins et moins privilégiée,  au profit des réponses simples et toutes faites. Ce film résonne puissamment à l’heure des dépendances numériques, de la post- vérité et dans un monde qui ferme les librairies, considérées par le gouvernement comme des magasins non essentiels, lors de la crise sanitaire du Covid-19. Les livres ont tout à nous dire et sont nécessaires dans le contexte actuel où l’ignorance et l’obscurantisme prennent  une place de plus en plus importante.

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